Planet'Bass

Pour le tournage du 4ème épisode de Planet’Bass pour Seasons, nous avons pris la direction du Québec dans le but de découvrir le black bass à petite bouche.

C’est Vincent David qui fut le « parrain » de ce baptême de pêche.

Ainsi, pour capturer nos premiers achigans à petite bouche, Vincent avait à cœur de nous faire découvrir ce qu’il appelle son « petit coin de paradis »; Le lac Memphrémagog.

En quittant Montréal nous traversons le pont Champlain (long de 3 440m); moment rapide durant lequel nous apercevons le lac Saint Louis, que nous aurons l’occasion de découvrir dans quelques jours.

Pour l’heure, 2h00 de route nous attendent pour rejoindre la charmante ville de Magog dans la région administrative de l’Estrie. Cette petite ville de 26 000 habitants est située au nord-est du lac Memphrémagog, à la confluence du lac et de la rivière Magog, dans laquelle les eaux du lac se déversent.

Dès notre arrivée à Magog nous découvrons cet impressionnant plan d’eau qui a pour particularité d’être traversé par la frontière entre le Québec et les États-Unis.

Pour les mensurations :

  • longueur : 44 km
  • largeur : 6 km
  • Superficie : 95 km²
  • Profondeur maximale :  107 m

Le nom Memphémagog proviendrait de la déformation du mot abénaquis mamhlawbagak, signifiant grande étendue d’eau.

Nous sommes au milieu du mois de juillet, les paysage du lac Memphrémagog sont simplement magnifiques, mais les accès sont difficiles. Les berges du lac sont quasiment totalement privatisées par de grosses propriétés qui possèdent leur ponton privatif, leur piscine, cours de tennis et même héliport… Vincent nous amène donc sur différents accès publics comme par exemple les mise à l’eau.

Des berges du Parc de la pointe Merry en passant par le Quai Bryants jusqu’au Quai de Knowlton, nous alternons entre trajet en voiture et prospection méthodique.

Vincent en prospection au spinnerbait face à l’île Charrest à Magog

Pour être complètement honnête, Mathieu et moi étant formatés à la pêche en France, nous avons été un peu perplexes sur le fait de pouvoir prendre du poisson à 3 en pêchant une rampe de mise à l’eau. D’autant plus qu’à notre arrivée, les spots étaient généralement déjà occupés…

Mais rapidement le Québec nous dévoile toute sa richesse halieutique ; crapé de roche, achigan à grande bouche, perchaude, brochet et surtout achigan à petite bouche nous ferons honneur!!!

Cette première journée de pêche Québécoise en compagnie de Vincent nous aura donné un avant goût de la richesse piscicole de ce pays.

D’ailleurs rien que sur le lac Memphrémagog on recense plus de trente espèces de poissons!  Des Salmonidés indigènes comme l’Omble de fontaine et le Touladi, mais on trouve aussi la Truite arc-en-ciel, la Truite brune et la Ouananiche (Saumon d’eau douce) qui ont été introduites.

Mais Memphrémagog est mondialement connu pour une espèce aquatique bien particulière; un monstre nommé Memphré, ce monstrueux serpent de mer à la tête hérissée de cornes, hante les profondeurs du lac depuis des siècles. Les Amérindiens refusaient de s’y baigner par crainte d’être dévorés par la créature dont la résidence est une caverne sous le mont Owl’s Head dans le canton de Potton, montagne de granit qui surplombe le lac en son point le plus profond. Malheureusement ou heureusement, nous n’avons pas eu l’occasion de voir cet animal « cousin du Monstre du Loch Ness », qui aurait été aperçu 26 115 fois!!!

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Lors du tournage du 4ème opus de Planet’Bass pour Seasons, nous sommes partis au Québec pour découvrir le Black Bass à Petite bouche.

Mais les préparatifs de cette expédition nous ont amenés à nous poser une question existentielle…

Comment doit-ont appeler ce poisson?

Car microptérus dolomieu (pour son nom scientifique) est affublé de différents noms ; achigan à petite bouche ou simplement petite bouche, smallmouth, smallmouth bass, bronzeback, brown bass, swago bass ou affectueusement smallies. Les allemands quant à eux le prénomme Großer Schwarzbarsch, Kleinmäuliger Schwarzbarsch ou Schwarzbarsch alors qu’au Portugal il est appelé Achiga-boca-pequena et en hollandais Kleinbekbaars…

Bref, nous choisirons comme nos cousins québécois de l’appeler achigan à petite bouche, simplement parce que le terme achigan est le plus ancien terme qui qualifie ce poisson et qu’à une époque lointaine seuls les peuples amérindiens avaient connaissance de ce poisson; ce qui donne une certaine légitimité à cette formulation. D’autant que « At-chi-gan »  en algonquin signifie « celui qui se débat, celui qui combat.» et qu’il soit à petite ou à grande bouche tous les pêcheurs qui l’ont croisé sont unanimes pour le considérer comme un super combattant.

Ce poisson mal connu des pécheurs hexagonaux est pourtant un cousin très proche de notre black bass (à grande bouche) et possède dans son histoire un lien étroit avec la France…

Nous avons donc décidé de partir rencontrer ce poisson sur ses terres natales.


Le comte de Lacépède

Ce périple avait une saveur d’autant plus particulière, qu’ il nous ramenait en 1802. Epoque où le zoologiste Français Bernard Germain Étienne de Laville-sur-Illon, comte de Lacépède (né le 26 décembre 1756 à Agen) décrit ce poisson qu’aucun naturaliste n’a décrit jusqu’à présent, et le baptise Micropterus Dolomieu en mémoire et en signe d’amitié et d’estime pour son ami Dieudonné Sylvain Guy Tancrède Gratet de Dolomieu dit Déodat Gratet de Dolomieu,  géologue et minéralogiste français décédé.

Car notre achigan à petite bouche est bien natif du bassin versant du Saint Laurent.

Dans sa répartition géographique il est présent de manière discontinue dans le sud du Canada : Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Ontario, Manitoba. On le trouve également dans le centre de la Saskatchewan, dans l’est de la Colombie-Britannique, ainsi que dans le sud de l’île de Vancouver. Au Québec il est présent habituellement dans le sud de la province, dans la rivière Richelieu, le fleuve Saint-Laurent (secteur du lac Saint François) ainsi que dans les nombreux lacs de la Mauricie (lac Sacacomie, lac des Piles, lac à l’Eau Claire…), de l’Estrie (lac Memphremagog) et ceux des Laurentides.

Également présent dans de nombreux territoires des États-Unis soit de manière naturelle, soit suite à son introduction par l’homme.

Sa présence a été signalée en France en 1951 dans le département des Pyrénées Atlantiques et dans les étangs de la région landaise. En 1953, sa présence a également été signalée dans le département de l’Hérault. Mais L’absence de capture récente ne permet pas d’affirmer la présence actuelle de l’espèce en France et en Europe.

Des tentatives d’introduction ont été faites dans de très nombreux pays en Europe (Allemagne, Autriche, Belgique, République tchèque, Slovaquie…) et dans le reste du monde (Colombie Britannique, Hawaï, Japon, Mexique, Tanzanie, Viet-Nam, …) pour la pêche sportive. Mais aujourd’hui son aire de répartition reste limité; il est considéré comme acclimaté en Amérique du nord, Afrique du sud et Japon, qui sont aujourd’hui les seules régions du globe où on peut envisager pêcher l’achigan à petite bouche.

Pour parler record ;

Le 8 juillet 1955 David L. HAYES pêche avec sa femme sur le lac Dale Hollow dans l’État du Tennessee. C’est en prospectant avec un BOMBER 600 coloris pearl qu’il capture un achigan à petite bouche de 11 lb et 15 oz pour 68,6cm !!! Voilà donc 63 ans que ce poisson est considéré comme le record Mondial du petite bouche.

Aujourd’hui, dans la majorité des états, les records oscillent entre 9 lb 8 et 6 lb.

Le record canadien lui fut pêché en Ontario. Ce dernier avait un poids de 9,84 lb (4,46 kg).


Et la reproduction…?

La période de frai débute à la fin du mois de mai pour s’achever début juillet.

Sur un fond rocailleux ou sableux et à faible profondeur, le mâle va balayer énergiquement à l’aide de sa caudale un emplacement circulaire pouvant atteindre jusqu’à 2 m de diamètre. Une fois le nid prêt, il part alors à la recherche d’une femelle. La parade nuptiale commence, elle s’accompagne de mordillements et de caresses. La belle finit par abandonner ses œufs en frottant son ventre sur les rochers. L’opération peut se répéter ainsi jusqu’à trois femelles, chacune d’elle pouvant pondre de 2 000 à 5 000 œufs de couleur jaunâtre. Le mâle s’attache alors à fertiliser les œufs. Ces derniers sont adhérents et restent collés aux cailloux. Pendant toute cette période le mâle va garder farouchement le nid et ventiler les œufs en agitant ses nageoires. Les œufs éclosent 2 semaines plus tard. Le mâle devenu père va continuer à garder les alevins jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille d’environ 2,5 cm soit approximativement deux semaines après l’éclosion. Les alevins seront alors livrés à eux-mêmes…

L’espérance de vie d’un Black Bass à Petite Bouche est de 6 à 12 ans avec des exceptions à 15ans.

D’un point de vue génétique le plus proche de l’achigan à petite bouche est le Spotted Bass ( leur ADN ne diffère que de 1.2%) avec lequel il parvient à s’hybrider.

Enfin, pour répondre à une question récurrente concernant la combativité de ce poisson, tous les bass addicts devraient avoir la chance de se confronter à ce micropterus!

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